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Urgence(s)

Quand tu es aux urgences...

La trotteuse va tellement vite que j'ai plus l'impression que c'est une galopeuse. 

Le temps semble être différent entre cette horloge et le reste de la pièce. Un peu à la Christopher Nolan dans Interstellar... 

Je me retrouve à disséquer les deux tableaux anatomiques jaunis que j'ai en face des yeux, ce sont des "écorchés", l'un est "Genoux et chevilles", l'autre, "mains et poignets"..

Les miens (de genoux et chevilles), comme le reste du bas de mon anatomie, ont presque doublé de volume, tellement que mon jean's, qui serait plus prêt du baggy, aurait une fâcheuse tendance à être devenue slim... 

C'est curieux d'attendre dans cet hôpital, le frère de mon Grand père y a longtemps officié. 

En pensant à ce Professeur Emérite, qui n'était pas des plus aimés et que j'ai finalement peu connu, c'est plus à son chien que je repense.

Elle s'appelait Api. Curieux d'ailleurs pour lui qui était un grand fan d'Égyptologie, mais je me suis longtemps plu à croire que Apis n'aurait pas été terrible pour un chien, surtout si celui-ci faisait pipi partout... 

Cette petite Labrador, parce que chein à la mode dans les années 80, avait faillit me tuer, à l'époque. 

Nous n'avions pas tous une belle cagoule tricotée par Mamie ou Maman à l'époque (quoique) mais surtout l'obligation de porter une écharpe...

Et donc Api avait la bonne idée de jouer avec moi, et surtout de jouer avec l'écharpe... Tellement qu'elle m'avait plaqué au sol et tiré sur l'écharpe jusqu'à la limite de m'en faire perdre connaissance. Fait assez marquant quand on a 8 ans... 

Je ne lui en ai jamais voulu et j'ai d'ailleurs gardé une grande affection pour les chiens, mon père étant chasseur et une partie de la famille faisaient du commerce de petits chiens, histoire de se faire une petite pièce... Les chiens ont donc toujours été présents, compagnons et parfois réconforts, à la même hauteur que mes petits arbres. 

En attendant que le cathéter ne me diffuse tout ce qu'il faut pour que je puisse rentrer chez moi, l'esprit peut divaguer. J'avais prévu tellement de choses ce soir, que l'idée même de ne pouvoir les faire m'énerve au plus au point. 

C'est peut être pour cela que l'infirmière a du mal à trouver cette foutue veine. 

"Non, je vous ai loupé"...  

"Aïe"...

LE réconfort, ce soir, à défaut de l'avoir à côté de mes animaux, sera de penser à ce printemps. Ce printemps, bien que très (trop) sec dans de nombreuses parties de notre pays ou du monde, est assez intéressant pour nous bonsaïka. Les arbres poussent et poussent fort. 

Certains sont forcément en dessous, ils ont été rempotés en ce début d' année. Certains commencent à avoir un semblant de maturité. 

Une pensée me traverse : Pourvu que je ne sois pas allergique aux arbres...

L'urgence aussi viendra forcément de l'eau. Sans vouloir faire le vieux chiant, et bien que pour mes arbres, je ne sois un gros consommateur d'eau (de récup), il est évident que tous les voyants sont au rouge depuis plus de 20 ans.  : Le bonsaï va devenir encore plus une occupation de luxe. 

22h00, je sors, il fait frais dehors, j'aurais bien pris une écharpe....