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Les Aubépines

Simple ! Pour ne pas écrire simplissime.

Les aubépines sont réparties sur une bonne partie de la France, et surtout dans les endroits délaissés, les jardins et haies abandonnées, bords de routes, etc...

 

 

-Le prélèvement.

Il est décrit dans le sujet nommé Araki... Mais puisque le lecteur est un flémard, je redonne la recette :

On prélève (avec autorisation)  à la chute des feuilles puis on mets en jauge remplie de gravier puis au printemps, on ressort l'arbre et on le met en pot de culture toujours avec de simple graviers de route, rien d'autre...

Puis plein soleil et arrosage tous les matins. 

Alors, pourquoi sortir l'arbre une fois puis le mettre en jauge ?

Je l'ai souvent noté et conseillé autant de fois, je préfère sortir mes prélèvements quand les feuilles sont justes tombées, puis les faire passer l'hiver dans une tranchée de sable, ou dans un gros contenant remplis de drainant, pour les ressortir au printemps.
,

J'ai eu beaucoup d’interrogations quand à la pertinence de faire deux actions qui, selon ces interrogateurs, provoqueraient un stress supplémentaire.

La plupart des personnes préférant soit prélever et mettre en pot de culture direct à l'automne (reste à gérer l'hivernage) ou bien sortir les arbres au débourrage (printemps). Ayant eu quelques déconvenues, j'ai donc utilisé cette technique et elle fonctionne (très) bien et voici pourquoi :

Mettre en tranchée (ou dans ce cas le gros contenant mais la tranchée est une bien meilleure solution) permet de bénéficier de l'humidité de la terre (pas à gérer les éventuels arrosages) mais aussi de la "chaleur" et permet aux racines de démarrer plus vite, loin, très loin de stresser l'arbre. Sable ou graviers, il suffit de lever gentiment pour voir ces futures petites racines

Petite preuve à l'appui

 


 

et c'est comme ça aussi pour mes autres prélèvements de crataegus, très tôt dans la saison... Vous aurez remarqué que les nouvelles racines se font au bout des racines existantes, et non le plus proche de l'arbre, c'est à comprendre avant de sélectionner vos racines

.

Prélèvement, ça c'est vu...

 

La pousse :
 

Fin Mars.

Les aubépines se réveillent tranquillement. Pour ceux qui auraient fait un peu de taille, il est fréquent que nos arbres sortent des bourgeons un peu partout. Il est déjà grand temps de faire de la sélection.





Alors, bien sûr, on peut se servir de ces nouveaux bourgeons pour reformer ou donner un peu de mouvement...
Rien que sur la photo de dessous, 10 bourgeons à faire sauter. Les laisser prendre de la force, c'est faire perdre de la force, justement, à votre arbre, puisqu'on les retirerait par la suite...




Idem en bout de branches :




Là encore, il faut choisir en fonction du projet.




 

Sur les aubépines, il est facile de donner du mouvement car les bourgeons ont déjà un angle bien prononcé. J'aime bien garder une longue devant et une petite derrière.
Celle devant prend de la force et donne un peu de diamètre à la branche. Celle de devant sera coupée par la suite pour donner du mouvement...

 

Au niveau sélection, avec les pousses successives sur une année, on peut vite refaire une branche :

 

 

 

 

Les photos et la sélection plus haut, ont été faites avant la seconde pousse de juin. 

Car, pour ce qui est des aubépines de chez moi et peut être de chez vous, il faut aller faire un tour dans vos bois, il est facile de constater que ces charmantes petites plantes font naturellement deux pousses par an, l'une au débourrement (forcément) et l'autre fin juin.

Donc, je me sers de cette caractéristique pour travailler mes arbres et ramifier ... J'ai aussi eu le tour d'un prélèvement qui n'a débourré QUE fin juin  lorsqu'elle aurait dû faire cette seconde pousse !

C'est d'ailleurs à partir de ce moment que j'ai fais un peu plus attention à ce qui ce passait chez Dame Nature, cela aurait simplement pu être à cause de l'organique, de l'arrosage ou de... Mais non, vous pourrez surement constater ce phénomène...

Alors, je taille, je ne retire pas l'engrais organique, et j'arrose comme à l'accoutumée ... et tout va bien...

 

Quelques photos :


 

 

Je ne sais pas si c'est super visible. Les flèches blanches montrent les bourgeons qui gonflent... Je précise que sur la première photo, cette aubépine a déjà subit une taille,  8 jours auparavant !

Ce petit mécanisme fait qu'avec un apport de nourriture correct on peut donc arriver à une ramification plus rapidement...

 

En voici encore la preuve, durant le printemps 2016  :




Ou sur une autre branche



Ces branches sont des branches de tête. Ce sont des bourgeons laissées lors de la taille de sélections (traits rouges) première pousse de cette année, puis une première taille, suite à cette taille seconde pousse (traits jaunes) et voici les bourgeons de la troisième pousse de cette année en violet.
L'arbre est en pot de culture, et comme mes autres arbres reçoit à manger tous les jours...


 

 

Un suivi des pousses de l'année permet de ramifier assez rapidement et aussi d'éviter les endroits où se développent 3 à 4 départs. De la même manière une taille des longs rameaux en mi mai (chez moi) ainsi que d'éventuelles trop grosses feuilles mal placées (sur les autres feuilles et/ou bourgeons ) est assez bénéfique pour l'arbre et notre ramification.

 

Si on reprend :

 - Au débourrage, on sélectionne les bourgeons qui gonflent,

- Surveiller l'appartion de bourgeons mal placés qui peuvent se manifester sur tout le cycle de l'arbre.

- Pose de ligatures très lâches, pas sérrées du tout, est possible sur de très jeunes rameaux.

- Vers le début mai, voire la mi mai, une première taille peut être faite sur des rameaux déjà trop longs. Retirer les feuilles qui gênent la prise de soleil des autres bourgeons qui nous intéresse.

- Sur des aubépines qui poussent fort, on peut tailler régulièrement mais les tailles devront s'arréter vers le 15 juin sous peine de bloquer l'arbre l'année suivante.

- Durant les périodes trop chaudes, si l'arbre semble souffrir du chaud, jeunes rameux qui pendent, un raccourcissement de ces plus jeunes rameaux  peut aussi être fait. (je sais c'est contradictoire avec la phrase d'avant). 

- Laisser l'arbre faire sa vie, sans intervention entre aout et le début de l'hiver.

- Pas de taille durant l'hiver. 

- reprendre le cycle de taille en mars. 

Les aubépines ont la facheuse tendance à faire 3 ou 4 départs sur un bourgeon, ce qui fait de vilaines boursouflures. Pour éviter cela, une taille efficace est nécessaire. Je laisse (comme noté plus haut) en général 1 départ long et 1 court . Ces vilaines boursouflures peuvent facilement être reprises à la concave ronde.
 

-Marcottage ?

Le marcottage aérien sur une aubépine n'est pas une chose facile. J'ai essayé sur de nombreux arbres sans trop de réussite et puis là ...
La marcotte commencée en début d'année 2013... J'aurais dû la sevrer avant l'hiver, si la marcotte est vraiment réussit.

Les Anglais y arrivent. Je donne leurs façons de faire, enfin la façon que j'ai analysé car seul un "maître" Anglais le fait et ne donne sa recette qu'à ces élèves. Il faut décrypter les photos, et les observations que j'ai pu faire durant l'hivernage des miennes durant quelques années "fait" le reste.

Donc sur des arbres déjà en pot, mettre le pot en pleine terre avant l'hiver, substrat drainant tout autour puis paillage, de la vraie paille autour du tronc, puis plastique noir autour de tout cela. Sur des hivers pluvieux, sortie en avril, on peut voir l'apparition de radicelles. Sur mes observations je n'ai jamais été plus loin que cela, simplement parce que mes arbres n'avaient pas besoin de marcottage.

La marcotte que j'ai tenté ici est fait de façon classique, avec un écorçage annulaire, fil de ligature, mousse de chez nous, puis terre argileuse de chez moi. J'ajoute que depuis qu'elle est faite je ne l'ai jamais arrosé. Mais que le pied mère est toujours en pleine terre et je penses que c'est là toute la différence !



=

Je réponds aux éventuelles questions avant qu'elles ne vous ne vous les  posiez :
C'est une boule issu d'un topiaire que j'ai sur un chantier.
Je n'avais pas pu le retirer avant comme initialement prévu.
Suite au sevrage, le pot plastique c'est ouvert d'où la seconde photo.
Vu la température et l'avancement dans la saison, j'ai dû retirer de (très) nombreuses branches. L'arbre ne ressemble plus à grand chose seul la tentative de marcottage aérien m'intéressait ici.

Quelques années après, cet arbre est toujours vivant, moche, sans projet mais vivant... 

 

Concernant la vie en pot, il est intéressant de constater que cette espèce apprécie de vivre dans des pots extras plats et que contrairement à certaines espèces et à la tradition des bonsaïkas, il est inutle de mettre du substrat sous la motte et on peut poser directement les racines contre le pot puis recouvrir de substrat, l'arbre développe alors une galette de racines...

Commentaires

  • thanh
    • 1. thanh Le 12/12/2017
    Merci encore pour ton partage ,je le garde sous le coude pour travailler le mien
  • kawamoto
    • 2. kawamoto Le 24/05/2016
    Hello Kallima Ich!
    Grand Merci pour cette belle fiche sur la culture de l'aubépine. Sympa pour ce partage désintéressé des connaissances.
    Bien cordialement.
    • kalima-ich
      • kalima-ichLe 28/05/2016
      Merci, au risque de me répéter, l'aubépine est très facile, on en trouve (quasi) partout, se prélève facilement, l'écorce mature est jolie, on peut les voir fleurir et fructifier... Et puis, comme je le montre, 3 à 4 pousses par an 0_o ça permet tout de même d'avancer un arbre... Bien souvent le coup de épines m'est avancé quant à la "non utilisation" de cette espèce, mais honnêtement, il est très rare de se faire piquer !

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