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La vie après le cimetière


Je penses que c'est un Picea glauca (surement un 'Conica', mais rien n'est sûr,j'ai toujours étais mauvais en reco des conifères, snif, et plusieurs autres cultivars étant possibles... )
 

Avril 2015


Ce n'est pas forcément un arbre que l'on voit travaillé en bonsaï assez souvent, .. mais bon, la petite Dame me dit  : "C'était un petit arbre qui était dans la composition que nous avions mis sur la tombe de mon mari, j'y tiens, mais j'en ai un peu marre de le voir ici... Il a un côté qui ne pousse pas... Et puis je n'ai pas envie de le mettre à la poubelle... "
 

 

Mouais... Pleine réflexion :

- Je m'étais dit que les conifères c'était plus pour moi....

- 12 ans qu'il est dans ce "magnifique pot plastique à réserve d'eau", ça n'augure rien de bon...

- Il y a (quand même) un petit truc sympa...   (Rhâa, je craque là)

- Et puis je l'aime bien cette Petite Mamie ... (Rhâa bis, je re craque là) ...

 

Ben, oui, je l'ai pris ce truc, pour lui donner une vie après la tombe...

 

Retour à la maison.

Une fois retiré le pot, qui se casse d'ailleurs en petits morceaux, il y a  LE truc classique, enfin ce qui va avec le pot à réserve d'eau, c'est :

 

La TERRE DE JARDIN ULTRA COMPACTE...

 

 

Pas beaucoup de racines... Une seule bien vivante, à "moitié pot"... J'ai du mal à prendre la photo avec la motte entière et pour cause...



 

Côté branches, c'est assez roue de charrette, une petite sélection, créer des espaces vides, donc je vires...

 

A vrai dire, j'aurais presque viré le fils aussi, je trouve à ce moment qu'il n'apporte pas grand chose...

Et puis en essayant de lui redonner un pot de chrysanthème, la moitié de la motte tombe, pas un pet de racines !

Donc, je continues dans le n'importe quoi et tant qu'à faire un semblant de rempotage, déjà il faut déjà trouver des racines vivantes et puis j'ai bien un vieux pot, du drainant (pouzzolane) et on verra bien...

 

Et bien, par la suite,  il m' ira plutôt bien, j'aurais envie de dire qu'il a repris vie et que l'engrais que je lui ai donné semble lui convenir.

Concernant les ligatures, c'est un peu du chewing gum cette espèce, et il faut volontairement faire marquer la ligature pour que la branche reste à sa place, dans le cas contraire, elle reprend sa place initiale.

 

L'année 2015 se passera tranquillement.

 

Printemps 2016 : Jamais il ne se réveille ?

 

Et puis fin avril, c'est l'explosion de bourgeons ! Se parant de petites bouloches vert claire tout partout, ou presque.

 

Quelques uns à faire sauter encore, surtout en tête...

 

2016. Quelques constats.

Les branches sont REELLEMENT du chewing-gum et même après une année de pousse, il faut remettre, encore et toujours, un fil pour maintenir la branche et malgré ça, les branches de ce conifère seront formées à plats, comme un feuillu, dommage.  

 

Le feuillage est sympa mais lors de son automne, disons octobre, les vieilles aiguilles de l'intérieur tournent à un marron assez flippant.

 

Je devrais le passer dans un pot non vernissé au printemps 2017. C'est quand même pas la mort de trouver un pot qui lui convient... Non ?

 

Et puis en fait non !

 

Printemps 2017, je prends certaines décisions assez radicales sur certains de mes arbres dont celui ci. Un pot vernissé ne convient pas à un conifère, et puis j'ai cette lauze qui m'encombre sur mes étagères depuis que je l'ai trouvé dans les carrières abandonnées qui sont à côté de chez moi... Je n'ai pas de Kéto, pourtant tellement recommandé pour ce genre d'opération...

Alors, comme souvent c'est de l'improvisation et du "on se démerde comme on peut avec ce qu'on a", un soupçon de "ça passe ou ça casse", en gros de l'argile juste sortie de la bouture de buis de 60 ans, de la mousse longue gorgée d'eau qui traine plus bas, un bout de grillage plastique et quelques fils d'alu pour tenir le coup...


 

Je vais peut être allumer un cierge, non ? ça serait plus sûr....

La branche basse de l'arbre père, à gauche ne cesse de se relever... J'ai fait un peu de sélection dans tout ça mais le hauban devrait vite intervenir.

 

Et c'est plus qu'improbable quand,, quelques semaines plus tard,je vois cet arbre exploser de partout, des bourgeons vert clair de VRAIMENT partout. Les aiguilles de l'an passées virent au marron déjà au mois de mai 2017.  

 

Il passera une bonne année 2017, vraiment. Je le taille de temps en temps et au regard de ces photos, celles du haut, il s'est bien étoffé. J'ai loupé une belle photo durant le mois octobre où une dizaine de petits champignons ont parsemés la mousse. Cette mousse c'est celle que j'avais mis au rempotage, pour conservé une certaine humidité.  

 

Son allure générale à une certaine tendance à l'embonpoint mais encore un peu trop pointu pour la tête. Je rejouerais du ciseau au printemps prochain. Bémol, c'est la tête du fils qui, elle, ne bouge pas trop, alors qu'il y aurait tant à faire dessus. 

 

A l'approche de Noël 2017, le voici en tokonoma virtuel : 

 

On s'amuse comme on peut :)

 

Avril 2018.

La pousse arrive. Des bourgeons vert tendre de partout et une odeur de Noël qui se répend sous les ciseaux.

La branche de gauche avait déjà était haubané durant l'hiver, mais là c'est le fils qui est franchement tiré vers la gauche

 

=====

 C'est beaucoup de bourgeons qui tombent, éclaircir au maximum avec un peu de ligature sur le fiston, histoire de le rendre un peu plus lisible.

 

Début octobre 2018.

 

Ce n'est pas que je l'avais oublié mais presque... En effet, début d'été 2018, j'ai eu un peu de casse, rapport à la chaleur excessive ainsi qu'un (encore) défaut d'arrossage. Pour remédier à ça, j'ai sorti les grands moyens et tendu un drap pour que, lorsque le soleil donne le plus, les arbres soient protégés derrière ce drap. J'ai également augmenté le temps d'arrosage de façon significative.

 

Et le résultat sur cet arbre ?

Et c'est la mousse qui c'est très bien dévelloppée. Les petites herbes participent bien au paysage aussi. Il va falloir que je me refasse des ligatures, moi...  

 

Et puis vient le moment de l'expo du club, fin mai 2019... M'enfin avant faudrait voir à effectivement, remettre les mains dedans, du fil aussi, et puis des coups de ciseaux, beaucoup.

 

C'est surtout les coups de ciseaux puis du fil, sur le fils.

 

Alors, j'ai triché, sur le fils, mais personne ne s'est aperçu de la supercherie...

 

La tablette n'est pas à moi, et pour moi, ça aurait pu le faire. Ce qui a (aussi) beaucoup gêné les visiteurs connaisseurs c'est le sens de la pierre ET le sens de l'arbre.

 

En gros, l'arbre pourrait visuellement partir vers le fils, mais la pierre partirait (une pointe, façon panneau indicateur) vers la gauche.

 

Bon, ok, j'intégre tout ça. De retour à la maison, la jeune pousse bien verte est longue et je tape fortement dedans. On est alors au mois de juin 2019.

Mail de Maulévrier !

 

"Ah ? J'ai rien proposé pour cette année... " .

 

Ben, c'est le soucis, il semblerait qu'ils soient un peu en manque d'arbres, alors je propose celui ci (ainsi que deux autres mais c'est une autre histoire...)

 

Je n'aurais donc pas la tablette que j'avais pour l'expo, qui ne convenait pas à tout le monde et proposerait à la place une grosse jita un peu plus épaisse.

Concernant le sens de l'arbre, je vais ruser : Je vais relever la pierre, du côté gauche, ainsi l'arbre père sera bien sur le fils et donc donnera bien plus vers la droite. Le tout sera de faire ça de façon légère... Mais j'ai mon idée....

 

;) 

 

 

Alors une sorte de grosse jita que je ferais à la tronçonneuse dans une tête de platane, coupée de biais la jita, puis teintée dans un rouge très sombre de ma composition. La voici durant l'expo de Maulévrier 2019. 

 

 

La plante d'accompagnement est trop grosse mais je n'avais que celle ci de compatible à ce moment là. 

De retour de Maulévrier, ce sera la préparation pour l'expo Régionale de Poyanne (40) et je réfléchis à trouver mieux au moins comme accompagnement.  Et c'est une petite capialire des murs qui aura le droit de faire un tour dans les landes.

 

 

Février 2020, avant le rempotage, je couperais la pierre (côté gauche de la photo). Retirer l'arbre de la pierre est, curieusement, assez difficile. Les racines semblent avoir fusionnées avec la pierre. 

Donc, je retire un maximum de substrat sur la droite, pour faire pencher l'arbre principal au dessus du fils, un petit peu de pumice dessous la motte gentiment travaillée, nettoyage du pourtour puis remise en place avec mon keto fait maison. 

 

 

Cette nouvelle implantation fait surtout ressortir la très mauvaise inclinaison des branches. Tant pis.

 

Alors, le plan c'était de le laisser en paix durant au moins une année tant je pensais qu'il aurait du mal à se remettre du rempotage.

 

Et fin avril ? Boum, explosion de partout, truc de malade, grosse grosse pousse.

 

Alors ? Ben, j'applique le plan d'après le plan, que du coup, j'oublie.

J'ai fais cet arbre, comme je voulais, loin des codes pour un conifère. Il m'a plu et il a plu aussi en expo.

Donc encore une autre vie pour cet arbre... à coup de scie. 

Etat des lieux. 

 

Vu que le père est maintenant bien au dessus du fils, les branches du père sont relevées. Sur un conifère, il est bon d'avoir les branches qui plongent dès le tronc (il y a des exceptions type > grand droit ou suivant l'espèce, ginkgo, etc...) 

Avant toute chose, faire en sorte que la motte et l'arbre ne puisse plus bouger, que l'ensemble soit réellement solidaire. La solution ? Bambou pa très vieux, coupé dans la longueur, maintenu par un fil de fer de chaque côté de l'arbre... Quand on serre, la bambou plie. 

La première branche est vraiment épaisse. La solution, c'est un trait de scie à l'aisselle de la branche, en haut et bien au ras du tronc, un peu moins d'un tiers de la branche. Grosse ligature (fil diamètre 5 pour la première branche) puis plier doucement, sans à-coups. Pour ce faire, j'ai utilisé un petit tendeurs.

Idem, sur l'autre branche assez épaisse.

Le reste des branches sera juste ligaturé avec du fil de taille "raisonnable", parfois un hauban. 

   

Beaucoup de branchettes ont sauté dans la bataille, le fils a une tête différente. Pour respecter la rêgle, j'aurais dû garder son ancienne tête, mais je n'aimais pas le visuel. Reste à voir comment il va accuser le coup...

 

Novembre 2020.

Sur le principe, j'aime bien ne travailler mes arbres qu'au printemps (fermeture des plaies plus rapides, meilleure réponse de l'arbre, etc) mais je trouve que les bourgeons de celui ci se sont, curieusement, vite développés.

Je ne fais pas de gros travaux, juste retirer les fils de cuivre déjà trop incrustés sur l'arbre fils et faire sauter des branches mal placées ou gênantes pour le développement des bourgeons internes. 

 

Accesoirement, retirer les mauvaises herbes qui ont poussé sur mon "keto" maison.

  

Les bambous, les haubans, ça fait moche, mais c'est encore de rigueur.

Il ne me laisse pas de marbre cet arbre.

 

25/01/2021 Une triste nouvelle, j'apprends que la dame qui m'a donné cet arbre est décédée, pas grand chose à voir avec le monde du bonsaï, mais quand même ça fait quelques choses, un petit pincement, là, dans la poitrine. Jusqu'à présent quand je regardais ce petit bout de conifère, je voyais un truc sorti du cimetière maintenant j'y verrais surtout la sympathie d'une vieille dame attentionnée.

 

Fin avril 2021.

La pousse arrive, les nouveaux bourgeons explosent de partout. Il est grand temps de mettre les ciseaux dedans.

Accessoirement, faire du ménage, tout court.

Le fils avance bien ; les branches de derrière sont éclaircies, un peu de branchouilles mortes sont également retiées au passage.

Et les bambous ?

Oui, ils sont pourris, et l'arbre n'en a visiblement plus besoin, donc, je retire.

Début juillet 2021, ce n'est pas souvent que je peux faire une photo avec une belle mousse naturelle à cette époque de l'année.

Et ça m'évoque ? Une scéne bucolique ? Nan, même pas. Une baston...

 

 

:)

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