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Articles de kalima-ich

  • Dans le respect.

    Dans le respect. 

    "Allez Papa, dis oui, st'plaitst'plaitst'plait, en plus il y aura Yaniss"...

    Mouais, le cinoche d'adolescent, je le regarde, mais aller au cinéma pour être avec des adolescents... Pas forcément fan. 

    Mais nous voici à 20h46 aux portes du cinéma de la ville voisine, une fois le pass montré, le tout payé, nous montons dans la salle. 

    Horreur, des gamins partout, des parents et  des geeks. Cinéma bondé, et comme rârement.

    Le tout, toujours en mode Covid. Pas forcément sûr que nous ayons tous un siège de distance.

    ça piaille dans tous les sens...

    Ecran de pub, puis écrans d'information : "Eteindre les portables, pas de nourriture dans la salle pendant la diffusion du film".

    Ben oui, histoire que l'ensemble des personnes présentes dans la salle puissent apprécier le film. 

    Ecran noir, le silence se fait.

     

    Ou pas. 

     

    A trois mètres de nous, une petite bande s'est mise dans la fosse, les portables sont allumés et leurs paroles couvrent les savoureux dialogues du dernier volet de la troisième trilogie de ce super héros en collant trop moulant.

    Durant les 15 premières minutes, j'entends des voix qui protestent s'élever dans la salle. 

    Au bout de 20 minutes, un copain de ma fille, se lève et bondit derrière eux pour leur demander d'éteindre les portables, un adulte lui emboîte le pas. 

    Quelques insultes fusent. Les voies s'estompent. 

     

    Enfin durant quelques minutes.

     Surement trop bien installé sur un siège trop molletonné, un des trublions est maintenant assis sur la scène, nous faisant profiter de ses commentaires sur les comptes des "réso" qu'il consulte.

    Toujours des voies derrières mes enfants et moi, puis de toute la salle.

    Et ? Et puis rien, ça ne bouge pas plus que ça. 

    Dans ces moments-là, je crois que notre cerveau se focalise plus sur le parasitage que sur le reste.

    Vous avez déjà connu ce moment où la moutarde monte, que la cocotte bouge toute seule, on ne sait pas si elle va exploser ou si c'est juste le couvercle qui va partir tout seul ? 

    Cerveau "en mode off", pose mes affaires, et à mon tour de sauter derrière pour leur jeter un "putainmaisjamaistuvafermertagueule ? "

    Enfin quand je dis "jeter", c'est peut être plus un "hurler", mais j'avoue que je ne savais pas si un simple "s'il vous plaît" aurait été intégré par cette trop joyeuse troupe...

    Les têtes se retournent :"- quoua?"

    Je réïtère :"Tu vas la fermer ta gueule ?"

    - "Quoua ?"

    - " Ecoute viens dehors, je vais t'expliquer ! "

    Le champion de la scène se lève et me suis dans les escaliers, suivi par l'ensemble de la meute, sa meute... 

    Seul face à ces (finalement) plus qu'adolescent, le ton monte facilement mais curieusement pas un coup ne part. 

    Au bout de quelques instants de joute verbale, je re rentre dans la salle. 

    A leurs tours, ils reprendrons leurs places. 

    Leurs portables seront éteints. Leurs bouches, moins ouvertes. 

    Vers le milieu du film, ils partiront enfin. 

    C'est finalement un peu à l'image de notre société, je veux dire que sur cette salle bondée, qui a dû supporter le parasitage durant une  partie du film, il y aura eu beaucoup de mécontents, quelques personnes qui ont ralé mais peu qui ont agit. 

    Alors, et même que c'était un film de super héros, c'est franchement et purement un acte égoïste qui m'a animé. 

    Pour rattacher ce billet au monde du bonsaï, c'est toujours un peu la même histoire : Combien ne font que regarder ? Combien agissent ? 

    Dans le respect et pour le respect ... Exposer un arbre, c'est l'exposer dans les meilleures conditions, par respect pour le visiteur, c'est peut être aussi pour cela que traditionnellement, les tablettes sont faites de bois nobles, que les pots sont au top et de bonnes factures et que les arbres doivent être parfaits. 

    Mais de la même manière, je pense qu'il faut que ce soit très égoïste de la part de l'exposant, qu'il soit content de pouvoir montrer la meilleure partie de toutes ces années de travail.    

     

     

     

  • Respiration

     

    Dimanche, 

    se poser, 

    regarder les gouttes de l'arrosage automatique ruisseler en petites perles sur les feuilles des arbres, 

    prendre le temps de faire un petit déj',

    pardon, un vrai petit déjeuner, avec le grill pain sur la terrasse, chocolatine et boisson au goût de vacances... 

     

    Ensuite, direction le club. 

    L'exposition du club. 

    Pour certains, cela faisait 18 mois que nous ne nous étions pas vus, autant pour nos arbres.

    Certains avoueront n'avoir rien fait sur leurs arbres depuis quasi 1 an, d'autres, en avoir perdu, et d'autres encore leurs arbres sont bien.

    Des nouvelles des uns, des autres, des bonnes et puis des moins bonnes, la vie en somme. 

     

     

    Une grande bouffée d'air. 

    Oui, même si la clim' n'est pas dans cette salle, la routine d'avant qui voudrait (ou que nous voudrions) voir revenir... 

     

     

    Ces quelques heures passées et c'est déjà le moment de ranger, de replier, de nettoyer. 

    Et comme à chaque fois, le contre coup de se demander pourquoi ET surtout vivement qu'on recommence.  

  • Mamies blues

    Début d'année 2021. C'est officiel, mes deux grands mères sont officiellement "incarcérées".


    Elles ont été placées en Ehpad, dans le temps on appelait ça une maison de retraite, quand le terme mouroir n'était pas de mise.

     

    Pour l'une, Jeanne, ce n'est pas si "grave", je m'explique, elle n'a plus conscience du monde qui l'entoure et pense qu'elle prend régulièrement le train pour faire de jolis voyages et bien qu'elle cherche son mari (décédé il y a plus de 20 ans), le temps n'a plus les mêmes frontières.

     

    Pour l'autre, Pierrette, c'est plus dur. Sa tête, elle l'a et bien remplie, fonctionnant à plein régime, sa voie aussi, qu'elle fait entendre quand les choses "ne tournent pas à sa main", non, elle se sont les jambes qui lui font défaut. 

     

    Ce qui lui fait défaut aussi c'est l'étroitesse des lieux, cette si petite pièce dont elle ne peut que peu sortir. D'abord, sortir, il faut qu'on la sorte, elle ne peut faire rouler son fauteuil seule, et puis la présence de tous ces "vieux" (comme elle dit, sûrement avec un brin de malice) ne la rassure pas. 

     

    Pourquoi je vous parle de mes grands-mères ?

     

    Sûrement parce que j'ai été élevé par elles, la première partie de ma vie par la première, la seconde partie de ma vie actuelle, c'est dans ou sur les traces de la seconde.

     

    J'habite sur les terres qu'ont commencé à modeler mes aïeuls en 1786, nous n'avons pas plus "creuser" plus loin dans des archives. Ma maison, que j'ai construite en colombage, s' était déjà une sorte d'hommage...

     

    Non, c'est plus pour remercier ma grand-Mère Pierrette. 

     

    Lorsque je suis revenu sur ces terres après mes études pour travailler comme formateur en milieu carcéral, j'ai été stupéfié de voir ses photos, toutes ses archives, stockées en poches.


    (oups, en Charente Maritime on dit poche quand dans d'autres contrées le terme pochon ou sachet plastique est de mise, vous m'excuserez du côté terroir...) 

     

    Oui, de simples poches Codec ou Mammouth... Elle les ouvrait de temps en temps, il me semble que ses photos ainsi " " " rangées " " " lui semblaient plus vivantes, l'ancien côtoyant le plus récent, les photos des derniers nés côtoyant ceux disparus depuis longtemps. Souvent, après ces repas interminables du dimanche midi, où il fallait ingurgiter les traditionnels "entrées + parfois poissons + viandes + accompagnements + fromages +desserts, ah non faut tout finir avant de penser pouvoir sortir de tableeee", elle sortait les archives et nous entendions les anecdotes mélées de ces photos tirées des sacs plastiques.

     

    Je lui avais dit à l'époque qu'il serait sûrement intéressant qu'elle consigne ça, qu'elle nous laisse une trace de toute sa mémoire, tout ce qui a fait sa vie, la transition qu'elle a pu connaître puisque sa génération aura vu passer ce siècle et tout ce qu'il a changé (du travail au champs avec la mule, l'arrivée du tracteur, la télévision, son permis de conduire, le droit de vote, etc, etc...). Elle ne l'a donc jamais fait et je me retrouve d'ailleurs avec ses poches de photos anomymes au grenier.  


    En ces jours où la vie que je me suis choisi prend un chemin qui n'est plus celui que je voudrais qu'il soit, je prends conscience que ce blog, cette trace, ces traces de tous ces tous petits arbres dont j'essaye de prendre le plus de soins possible, c'est de cette réflexion qu'il vient, je fais ce blog pour ne pas avoir de vagues photos qui trainent dans une poche. 


    Au moins, si j'arrive dans la situation de mes g
    rands mères un jours, pourrais je revoir s'égrener la vie.