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  • Les Eldorado du bonsaï

    • Le 27/01/2020

    Les eldorado du bonsaï.

    Pas évident de faire du bonsaï ? Pas évident de trouver du "bon matériel" pour commencer ? Pour commencer ou même quand on a quelques années de pratique ...  Et des prélèvements, c'est juste dans les montagnes ? 

    C'est assez récurrent cette conversation, trouver des "spots" pour telle ou telle espèce, si possible avec un accès facile, un propriétaire conciliant, un terrain qui se prête à une sortie facile de l'arbre... Et même, pourquoi pas, tant qu'à faire, pas si loin de chez soi...

    Je dois dire que j'aime bien mon petit coin de Charente Maritime, c'est peut être un poil chauvin, mais oui, j'l'aime bien... Et puis, j'y trouve facilement des arbres qui me contenteront, pas des bêtes de scènes, pas de "master pieces" mais des trucs que je vais aimé cultiver, alors forcément, c'est des aubépines, des charmes, des ormes champêtres, parfois j'ai poussé le détour chez les beaux parents, en Charente pour y trouver des Sainte Lucie, ou chez mes parents pour de l'érable champêtre ou du frêne, encore plus loin pour des buis (Pyrénées ou Alpes de Hautes Provence) mais là... Une heure de chez moi. 

    Oui, une petite heure de voiture, en plus avec un vrai paysage qui change ; des rencontres de gens sympas et à l'accent si chantant, des hectares de bois inexplorés avec une diversité rarement vue, une autorisation quasi spontanée et en prime des gueuletons à chaque repas durant une semaine...

    Les espèces ? Pins sylvestres, if, charmes, hêtres, ormes champêtres, junipérus communis, Sainte Lucie, aubépines, frênes et même encore quelques buis qui ont survécu à la pyrale...

    Ok, je ne vous fais pas languir plus longtemps, c'est la Dordogne...

    C'est un vrai coup de coeur pour cette région et je m'étonne qu'il n'y ait pas plus de Bonsaïkas là bas tant la ressource ne semble même pas être entamée. 

    On est loin de la montagne, et même s'il la roche mère n'est pas loin, j'ai étais surpris par la facilité à sortir les arbres. La plupart étant presque posés sur une dalle de pierre, racines superficielles explorant l'humus, supprimer le pivot étant une simple formalité... 

    Pour l'anecdote, en m'arrêtant sur un petit bout de parking, j'ai trouvé l'herbe étrange... Je dirais épaisse... Tellement épaisse et étrange que c'était juste un tapis de jeunes et moins jeunes pins Sylvestres coupés et fauché depuis quelques années...  

    Alors faut il aller loin pour trouver des trésors ? Faut il galérer des heures dans une nature hostile pour trouver la perle ? Et si le bonheur n'était finalement pas loin de chez vous ? ( et pas simplement qu'en Dordogne...)

  • Le dilemme

    • Le 12/11/2019

     

    Voilà quelques temps que je voudrais poster un billet sur notre responsabilité et puis, cette après midi de repos, entre deux averses, je suis retourné sur un de mes anciens lieux de prélèvement... Alors les vieilles habitudes reviennent : Chercher les aubépines, charmes, ormes et les autres des yeux, repérer les feuilles en bonne santé, trop vertes pour la saison pour la plupart, se décaler, voir le mouvement du tronc, si une branche peut servir de tire sève, des racines en surfaces, etc etc ? Bref, une certaine routine qui voudrait refaire surface...

    Mais j'ai toujours trop d'arbres sur mes étagères, les arbres de Jacques F. qui ne partent pas, mes projets que j'aurais voulu mettre de côté mais toujours là, et bien là, les arbres faits avec l'enseignant, et puis et puis...

    L'envie, tout de même. 

    Revenant de ma "ballade", c'est mon louchet qui me fait de l'oeil. Il est prêt à faire feu, il a servit hier pour sortir de l'horticole pour mon futur gîte et serait ravi d'aller se promener lui aussi...

    J'ai l'impression de voir les Tex Avery de mon enfance avec le petit diable sur une épaule d'un côté et l'ange de l'autre...

    Le petit diable me dit : "Vas y, fais toi plaizz,  tu n'auras qu'à refaire un autre réseau d'arrosage, en plus tu aurais plus de pression en fractionnant l'actuel, t'as plein de pots qui ne te servent à rien, tu sais faire en plus, si tu n'en sors plus, tu vas oublier comment il faut faire... "

    Le petit ange me dit : "Euh, t'avais pas dit que tu finissais ce que tu as commencé avant d'en commencer d'autres ?"...

    Le petit ange pourrait avoir le visage de ma femme, enfin moins radieux le petit ange, car pour certains arbres, il faudrait encore racheté des pots... Et puis gros, les pots...

    Je crois qu'à défaut de dilemme, c'est plus la raison qui l'emporte pour le moment, enfin tant que les feuilles ne sont pas toutes tombées... J'ai encore le temps de réfléchir à ce que dit le petit diable...

     

     

  • On s'était dit rendez vous dans 20 ans...

    • Le 09/06/2019

    "Rendez vous dans 20 ans ! "

    Aujourd'hui, j'ai rendez vous.

    J'ai rendez vous avec des gens que je n'ai pas vu depuis 20 ans.

    Ce ne sont pas des camarades de classes comme le dit la chanson de PAtriiiiiiick, non, des collègues du temps où je montais à cheval de façon plus "professionnel", en tout cas de ce qui a occupé mes étés quand j'étais jeune adulte...

    L'équitation t'apprend énormément de choses, notamment être direct, ferme, se tenir droit, être maître de ses émotions et contrôler celles de son cheval...

    Ce sera forcément le moment des bilans, et à 40 ans passé, les bilans, je les ai commencés. 

    Je m'interroge depuis longtemps sur le bonsaï et  ce qu'il m'apporte, ou ce qu'il m'a apporté. Curieusement, la vie me montre que les valeurs que j'ai appris, celles là même que j'apprends à mes enfants, ne sont pas celles que le Monde utilise. 

    Le travail, la rigueur, l'honnêteté, la droiture, la franchise sont obsolètes.

    Même si le fait d'avoir été cavalier m'a inculqué le fait de savoir travailler seul, j'apprécie de pouvoir travailler avec d'autres humains, mais rares sont ceux qui font ou qui ont ces valeurs... Alors de facto, je dois être seul, encore. 

    Peut être que c'est là que les arbres, ou la famille ou les chevaux comblent, oui, peut être, surement. 

    Rare, ces gens ? ça n'est pas toujours vrai, puisque récemment, à Albi 2019, j'ai pu travailler en équipe... Et quelle équipe, mais curieusement, composé de gens qui, sur le papier,  travaillent aussi seul.     

    Le bonsaï t'apprend la modestie, puisque c'est souvent quant tu te dis "je sais", que l'arbre sur lequel tu travailles t'apprends que tu as tord. Le bonsaï t'apprend à t'effacer face à l'arbre.

     Mais là,  dans le monde du bonsaï, je me dis que ce n'est pas toujours le cas et l'égo de certain passe avant tout. 

    C'est d'ailleurs mon prochain challenge dans le monde du bonsaï comme ailleurs dans la vraie vie, savoir doser ce que m'a appris la vie, m'imposer plus mais tout en restant modeste, le tout face à des gens qui ne le seront pas. 

    On se donne rendez vous dans 20 ans ? 

  • Le syndrome de l'éleveur

    • Le 14/04/2018

     

    Connaissez vous le syndrome de l'éleveur ? 

     

    C'est un mal assez étrange, quand on y pense qui n'est d'ailleurs pas si éloigné de celui du syndrome du collectionneur sauf que le collectionneur, sur le principe, lui, cherche (souvent), trouve (parfois), restaure (quand il lui reste un peu d'argent) et stocke (la plupart du temps). 

     

    L'éleveur a un truc bien particulier qui consiste à penser que le prochain de ces produits (c'est comme ça que l'on dit dans l'élevage, en tout cas équin) sera meilleur que celui d'avant. 

     

    Cette fuite en avant, cet optimisme nécessaire voire obligatoire, pour faire face à tous les désagréments que le "reste" nous a fait éventuellement subir me revient en pleine poire. 

     

    Voilà un an qu'une de mes passions était tombé en désuétude, fini, kaputt, plus rien, plus envie. Stop. 

     

    Nous sommes au printemps, le miracle de la vie, comme le chanterait Disney, mais il y a de ça, en tout cas dans ce cas précis. 

     

    Une personne proche de moi, mais dans la rubrique bonsaï cette fois si, reprend le collier et au moment où je couche ces lignes, est actuellement sur son lieu de prélèvement de buis préféré alors qu'il pensait tout stopper il y a quelques mois. 

     

    Ma vie est un peu plus claire, en tout cas je vois un peu mieux le chemin que je vais prendre les années qui vont venir. et ce petit bout à crinière frisée  qui semble se préparer à gambader à nouveau dans mes prairies si vides me rappelle aussi tout le stress et l'inquiétude qui va avec ce syndrome. 

     

    Curieux également car aujourd'hui j’accueillais à la maison un photographe ( http://www.brucesmithphotographer.com/  attention toutes les photos ne sont pas pour tout public)  et  son œil de novice dans le monde du bonsaï me donne espoir sur le fait que je pourrais avoir des arbres pas si mal dans quelques années, mais de là à me remettre à prélever ... 

  • Passage de relais

    • Le 04/11/2017

    Passage de relais. 

     

    De plus en plus, j'entend, ou bien je lis, cette belle phrase du passage de relais. Sans méchanceté aucune, est ce une question de vieillissement de la population de bonsaïkas ? Est ce que cette frange de la population comprend que leurs "œuvres" ne pourront être finies de leurs vivants, que le travail effectué depuis tant d'années ne doit pas disparaître, ne pas finir en bois de chauffage, ou planté dans le jardin à la disparition du dit bonsaïka (comme il m'a été donné à voir il y a quelques années lors d'achats d'un lot de pots du côté de Bergerac, 24).

     

    Indépendamment des arbres, c'est aussi les connaissances qui, selon moi, auraient dû être partagé bien plus qu'elles ne le sont ou ne l'ont été. 

     

    Je ne suis plus un jeunot et je n'ai pas encore basculé du côté des sages, juste au milieu, et puis j'ai encore mes cheveux, c'est pour dire, même s'ils auraient une tendance à prendre une couleur bois traité liquide à jin, pas encore la quarantaine mais ça vient, en tout cas dans pas longtemps... Mais je constate, avec une autre de mes passions (chevaux) qu'il est plaisant de donner, de partager. 

     

    Mes enfants prennent le goût de sortir à poney et reviennent avec le sourire même sous la pluie. 

     

    Et pour les arbres ? Bon, là, j'oublie. 

     

    Au delà de la famille, je prends aussi conscience qu'il est temps de faire des choix, que le temps passe et que de se disperser sur des "sans avenir" ou si loin, n'est pas, ou plus assez, formateur.

     

    Que faire de tous ces arbres que j'ai sauvés des pelleteuses avant la construction de la LVG ? 

    Que faire de ces caducs ? Comment faire comprendre que le bonsaï n'est pas fait que de junip, de pins ? Qu'un caduc de chez nous (du trou du cul de la France) peut provoquer autant de plaisir ou en tout cas sera un bon formateur pour le débutant ? 

     

    Il est tant de passer le relais à d'autres.   

  • Honteux.

    • Le 10/09/2017

    Je l'ai noté en page d’accueil et j'aurais préféré me tromper et n'écrire ici que mes réussites mais la vie fait (même si un peu trop en ce moment) que parfois tout ne tourne pas comme on le souhaiterait.

     

    Bref, c'est assez honteux que réveillé en pleine nuit, il faut que je puisse écrire ma honte.

     

    Militant du bien être de nos arbres et de la bonne santé de ces derniers, je m'évertue à donner des conseils aux gens arbres de pleine terre comme arbres en pots. 

    Je connais sur le bouts des doigts, du moins j'aurais voulu le penser (couillon que je suis) que mes chères aubépines sont des arbres que je maîtrisent parfaitement.

     

    Ce week end se déroule le congrès FFB mame et shohin de Saint Jean d'Angély (17). Ma participation improbable est un enchaînement de  circonstances tout aussi improbables et c'est content que je peux lire que je peux apporter une de mes présentations. 

     

    Mais ça c'était avant... 

     

    L'année précédente, lors de notre départ en vacances, j'ai fais venir une personne pour gérer l'arrosage et j'ai perdu nombre de mes arbres donc 2017 c'était mise en place de l'arrosage automatique, parce que LUTIN de MERLE, c'est tout de même mon métier que d'installer des arrosages automatiques...

     

    Donc, oui, j'installe un truc, problème de fournisseurs, timing serré, tire les prix, etc etc... donc fini avec du matériel différent sur mes lignes, pas forcément la pression que je voudrais en sortie de pompe....

     

    Mais l'arrosage fonctionne... Ou pas.

     

    Et sur l'étagère des plus petits, ben oui, au dessus, j'ai un micro asperseur qui merdouille... Et c'est un peu tard que je me rend compte du truc...

     

    5 arbres sont vraiment atteints donc forcément ceux que je dois présenter...

     

    Alors la suite, ben la suite, c'est ne pas regarder la réalité en face, penser que jusqu'à la veille de partir la fée du bonsaï va passer par là pour remettre un peu de vert la dedans, pire un peu de vie là dedans.

    Entre temps je me suis engagé, ma parole... Aurait il fallut ne pas y aller ? Peut être, je le nie pas.

     

    La base du résonnement était le courriel reçut couplé à une expo du même genre vu une année précédente et donc bêtement de dire "ben, si il y a la même chose que j'y pu y voir, ça passera"...

     

    (Gros couillon)

     

    Alors  oui, j'y suis allé.

    Alors, j'ai posé mes "parbres" mais en prenant soin d'échanger les étiquettes pour me mettre bien loin des très beaux arbres, dans un petit coin à l'abris des regards...

    Mais je me sens mal... Mal d'avoir trahis la confiance de ceux que j'estime, de ceux qui m'ont donné la chance et l'opportunité d'être parmi eux. 

     

    Même mon père qui ne connait rien aux bonsaï et passant me voir sur l'expo me lâchera un "Et t'as rien d'autre à amener ?" ça veut dire ce que ça veut dire... 

    Ce billet a été écrit à 4h55 dans la nuit du samedi à diamnche

     

    Pardon, pardon aux visiteurs, pardon aux organisateurs, pardon, semimassen Senseï 

     

  • Pour Ugolia

    • Le 23/05/2017

    Communiquer, discuter, discourir ... Bref, faire vivre un blog... 

     

    Le faut il vraiment ? 

     

    Je vie en ce moment de tristes choses, tristes parce que la vie vous apprend que rien n'est éternel et que quand un jours tout va bien c'est qu'il y aura forcément un jours ou tout ira moins bien. 

     

    Que les repères que l'on a depuis des années ne sont là que pour un temps et que tôt ou tard viendra le moment où nous mêmes seront peut être des repères et puis, à notre tour... 

     

    Bref, quand tout s'écroule autour de vous, autour de nous, faut il s'en réjouir ? Les plus optimistes, ceux qui voient le verre "à moitié plein" dirons surement que : 

     

    - Si on touche le fond ça permet de rebondir, 

    mouais, pas faux

    - Que temps qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir

    Mouais, pas faux

    -Que la vie est un éternel recommencement. 

     

    Mouais, ben il y a juste des trucs qu'on ne voudrait pas devoir ( ou avoir à) recommencer, qu'on ne voudrait surtout pas revivre.

     

    Pour revenir sur le petit monde du bonsaï, certains blogs ne sont pas très actifs et ce sont peut être les plus intéressants, justement car ils ne sont pas dans la démonstration, ils sont dans la construction, dans le temps qui passe. Faire partager la vie d'un bonsaï, la vie d'un arbre, c'est aussi une certaine forme d'immobilisme.

     

    Certains arbres sont comme ça d'ailleurs, ils ne bougent pas, ou si peu qu'on a l'impression qu'ils ont peur d'avancer, peur du lendemain. 

    Certains autres, alors qu'ils sont de la même espèce seront tout l'inverse... 

     

    Est ce que ces derniers voient le verre à moitié plein ? Le vert à moitié plein ? 

     

    Ce n'est pas facile d'avancer dans ces moments là, dans ces moments de doute. J'apprécie les feuilletons survivalistes  où les gens sont obligés de faire des choix et qu'il est si simple dans ces cas là de dire "que lui, je l'aurais laissé mourir" et "que celui ci, il n'apporte rien"...  

     

    En ce moment, je dois faire un choix, choisir la vie et je lutte pour que cette vie tienne. 

     

    Une pensée pour Ugolia qui lutte tous les jours. 

  • Le réveil de la force

    • Le 23/02/2017

    Le plaisir, le seul, le vrai, je pense qu'il est là. 

     

    Après un hiver interminable, la corvée de bois et le reste, enfin "les beaux jours". 

     

    Avec ce renouveau, vient enfin le début du printemps, les charmes perdent leurs feuilles les junipérus changent gentiment de couleurs et l'ensemble revient à la vie.

     

    Enfin remettre certains sur les étagères.

    Enfin pouvoir prendre le temps de les regarder.

    Enfin contempler un bourgeon qui va éclore.

    Pour certains, enfin, changer de contenants.

    Pour certains, pouvoir commencer à être content du chemin parcouru.

     

    Toujours penser à la suite, mais profiter du moment.

     

    Vive le printemps. 

     

    (oui, c'est un peu court, mais il y a à faire dehors.)